Cette mini étude du film de Kenji Mizoguchi (qui est d'ailleurs un excellent film que je vous conseille de voir) va apparaître très bientôt sur mon ite. en avant première, voilà l'étendu de mon travail ^_^
Yoshikawa est un quartier comme il en existent tant d'autres dans les grandes ville du Japon d' après guerre. C'est le quartier des plaisirs de Tokyo. Alors que le parlement débat sur la probable interdiction de la prostitution au Japon, la vie continue pour toutes les prostituées du quartier. Mickey, une nouvelle venue, avec un mode de vie très américanisée, se prostitue pour fuir la vie familiale. Hanae, elle, se prostitue pour payer les médicaments de son mari, Yumiko pour payer les études de son fils et Yoriya rêve malgré son métier d'un beau mariage...
Cette oeuvre très sombre révèle un accent de malaise profond dans ce japon de l'après guerre. Les conséquences de la seconde guerre mondiale sont encore vives à l'écran, avec à la fois l'influence américaine - l'une des jeunes filles se fait appeler Mickey et son personnage est très américain - et ses travers (prostituée pour oublier sa liaison avec un G.I. américain). Cette vision du Japon des années 50 est pervertie par un américanisme où mêmes les rêves les plus simples semblent êtres difficile à atteindre.
Dans ce monde corrompu par l'argent et la misère, le suicide et la prostitution semblent être les seuls recours. Le thème de cette société qui se révèle incapable de donner la moindre chance aux femmes dans la misère, qui les poussent à se prostituer car elles n'ont aucun autres recours, le seul moyen de s'en sortir serait finalement de se prostituer est un thème finalement recurant tout au long de l'oeuvre de Kenji Mizoguchi.
Merveilleux Mizoguchi qui n'a jamais autant suggerer sans jamais rien montrer. Oeuvre forte et violente où ces femmes n'ont pas le mauvais rôles bien au contraire. on y retrouve une véritable profession avec ses codes et ses règles. Encore une fois, et après "Les Musiciens de Gion", Mizoguchi montre l'univers de la prostitution des femmes sans concessions. Il n'hésite pas à montrer leur quotidien au plus près tout en l'expliquant. Il montre ce qu'elles font, pourquoi elles le font, comment elles s'en sortent et quels sont leurs échecs et leurs possible échappatoirent. Jamais elles ne se plaignent. L'exemple de Hanaë est frappant. Elle a du se prostituer car son mari est chômeur et malade et qu'elle a un enfant. Elle a du se prostituer pour qu'ils puissent survivre. Elle a du se prostituer pour donner un semblant de vie à sa famille. Elle a du se prostituer mais rêve d'arrêter. Si elle s'arrête ? Elle se fait expulser de chez elle et son avenir comme celui de sa famille s'effondre.
La rue de la honte est une réflexion sur la place de la femme dans la société japonaise. Mizoguchi ne fait pas que montrer, il dénonce la "femme au foyer" et la fin des bordels qui n'arrangera pas la condition de ces femmes ni leur misère. Quel est donc cette place que l'on réserve à ces femmes ? Mais Mizoguchi ne fait qu'effleurer la question en éludant tout élément de réponse. C'est le seul lieu où ces femmes sont respectées par les hommes alors qu'elles sont vue comme pestiférées à l'extérieur. Un endroit clos qui ressemble fort au seul paradis auquel elles peuvent prétendre. Dans cet endroit elle vivent, lies des amitiés mais ne sont pas heureuses. Las, dehors ce n'est pas mieux. Au moins ici, elles sont à l'abri.
Rien ne peut ecarter ces femmes de leur métier, pas même la loi contre la prostitution qui ne peut être votée comme s'il s'agisait d'un acte de rebellion envers la misère ou pire un acte de vie. La loi ne pourrait en effer que salir ces femmes qui ne font que leur travail. Grâce à elles ont retrouve un temps du moins le sourire et l'espoir. Cette "rue de la honte" reste le dernier secour pour beaucoup. Et que penser de cette fin qui allie habilement espoir dans le futur mais qui renie en même temps toute évidence d'un monde meilleur ?